Vous songez à engager un analyste en intelligence économique ?

Vouloir engager quelqu’un pour vous aider à prendre les bonnes décisions est… une bonne décision ! C’est pourquoi nous vous partageons l’une de nos rencontres : celle de Valérie. Elle est analyste en Intelligence Économique, de retour d’un séjour professionnel au Canada. Elle est aussi membre de l’ANAJ-IHEDN en Occitanie et investie dans quelques publications de veille dans le secteur Défense, Aéro et Cybergouvernance. C’est probablement la raison pour laquelle les entreprises de sous-traitance de l’aéro lui réservent leur meilleur accueil...

Nous l’interrogeons pour vous, sur son métier ainsi que sur sa recherche personnelle.

Quel est le rôle de l’analyste en intelligence économique ?  

Valérie : Originellement, les formations d’analystes en Intelligence Économique concernaient les décideurs des grands groupes publics, privés et le secteur Défense. Même si ces activités ont de tout temps existé, la France s'est investie dans une démarche d'Intelligence Économique dès 1990 et a renforcé cette activité en 2003 suite à des tentatives de prise de contrôle de sociétés françaises sensibles. [1]

Afin d’appuyer la stratégie de l’entreprise, les formations initiales des analystes se sont diversifiées pour couvrir tous les domaines. C’est suite à une formation en finance, en droit, en géoéconomie ou sur l’étude de délits informatiques que l’on peut se spécialiser en Intelligence Économique”.

L’analyste en Intelligence Economique protège le capital informationnel d’une entreprise ou d’une organisation. Il étudie les différents aspects de l’innovation et veille aux enjeux sur les brevets et licences. Il cartographie des menaces et des opportunités pour protéger l’entreprise et développer une stratégie offensive.

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?

Valérie : L’analyste doit avoir une grande ouverture d’esprit, savoir interpréter les schémas d’une organisation et produire des analyses synthétiques. Pour ce qui me concerne, je suis innovante et mobilisatrice, persévérante et force de proposition parce que je pense ces qualités nécessaires dans ma fonction. A titre d’exemple, suite à des actualités concernant des intrusions dans une organisation, je suis allée sensibiliser une équipe de développeurs et nous avons simulé les failles humaines qu’ils rencontrent et comment ils auraient géré cette attaque.

Donc, dans ce métier, bien plus que fournir des rapports de veille, il est question de recueillir des informations de qualité et fournir des analyses aux décideurs. L’analyste maintient une veille pour détecter les signaux faibles et anime son réseau pour capter les tendances. Cette veille est une clé de voûte dans la réactivité et la gestion de crise d’une entreprise.

Et où trouver ces analystes ?

Valérie : Dans les Écoles d’Ingénieurs, en Sciences politiques, en Finance et en Commerce mais aussi dans les Universités qui proposent des modules et des formations dédiées. Les spécialitées peuvent porter sur l’analyse des Risques et Territoires, la Gestion des Connaissances, le Patrimoine Informationnel et Innovation. [2] L’I.E prend de l’ampleur et les recrutements se font en sortie d’école. Mais attention, certains cursus peuvent intégrer une formation de 40H seulement alors que le Mastère spécialisé que j'ai suivi (dans une école du Top 2 français) comprend plus de 470H dédiée à l'I.E et 800H de stage et des séminaires [3], ce qui n’est pas la même chose...

Pour engager des analystes, je conseille de :

  • identifier les expériences de terrain et la formation initiale des candidats car c’est sur ce réseau opérationnel et entretenu, que l’analyste va pouvoir fournir des résultats à l’entreprise.
  • tenir compte que selon les pays, la culture même de l’I.E n’est pas pensée ou exploitée de la même façon.
  • penser sur du moyen à long terme. Les résultats de l’I.E ne sont pas immédiats puisqu’il s’agit d’une veille continue, notamment très utile lors de gestion de crise.
  • être prêt à se risquer tout en lui faisant confiance : les décideurs désignent des menaces à surveiller alors que l’IE est une méthode qui consiste à partir d’abord du recueil d’informations... alors que le recueil d’informations va nécessairement apporter des résultats inattendus. L’I.E peut ensuite donner “sa pleine puissance” lorsque les forces de l’entreprise ont été identifiées et sécurisées.

Et pour ce qui vous concerne, vous cherchez à évoluer dans quels environnements ?

Valérie : Je suis très investie dans le secteur Open Source car les équipes informatiques que j’ai côtoyées sont dans un esprit d’Intelligence Économique. Elles comprennent donc mes démarches. Le secteur de la cybersécurité m’intéresse car je peux développer mes compétences sur les signaux faibles et le Reverse Engineering.

Sur un poste d’un an à l’étranger, je me suis épanouie dans la conception de cartographies illustrant les points clés de l’entreprise et identifiant les signaux faibles comme les opportunités à saisir. L’entreprise a su me faire confiance dans mes démarches et lors de mes exposés. Elle a ainsi mieux connu sa communauté et mieux identifié ses clients à l’international.

Je souhaiterais intégrer une structure de taille intermédiaire, dans la prévention des risques et plus encore dans la contre-information.

Je développe des projets pilotes de war-room pour simuler en immersif, des situations complexes. Cela me permet de travailler avec des personnes qui comprennent ces enjeux et de les partager en interne.

Et comment voyez-vous votre avenir ?

Valérie : Je suis passionnée par mes activités. Dans un futur proche, j’aimerais pouvoir travailler avec un ou des anciens militaires car ils ont des expériences de terrain et nos formations sont très complémentaires. Nous pensons de la même façon et nous aurions beaucoup à gagner en partageant nos outils...

👉 Pour en savoir plus, vous pouvez contacter Virginie Girerd

Analyste en IE : les salaires

L'analyste en I.E débute sa carrière à 38K €. L'analyste arrive déjà avec une formation initiale très riche et un réseau de contact qui va bénéficier à l'entreprise. Il entretient ses compétences en permanence, ce qui représente peu d'investissement et permet d'ajuster la stratégie de l'entreprise.

Lorsque l'on mesure les risques et les coûts liés à la perte de réputation ou du vol de données, les décideurs savent que la présence d'un veilleur préserve l'image de l'entreprise et participe à son fonctionnement.

Références
[1] Portail de l’I.E - [2] Formations en I.E - [3] Formation I.E EISTI